Sébastien Josse

Naissance
le 31 mars 1975

Port d’attache
Nice

Skipper du Multi70 Edmond de Rothschild et du maxi-trimaran Gitana 11

Si la mer et la voile occupent depuis sa plus tendre enfance une place de choix dans la vie de Sébastien Josse, la compétition y est arrivée tardivement. Mais en une quinzaine d’années, le marin niçois a bien rattrapé le temps perdu. Jeune talent détecté dans la filière figaro, Sébastien Josse enchaîne les bonnes rencontres et les projets d’envergure à une cadence incroyable. Homme de défi et travailleur assidu, il n’hésite jamais à bousculer ses habitudes et à saisir les opportunités qui se présentent à lui. Préférant la richesse des expériences au plan de carrière, il est aujourd’hui un marin au parcours éclectique comptant parmi les plus doués de sa génération.

Après quelques années en Seine-et-Marne, la famille Josse s’installe à Nice alors que Sébastien n’a que cinq ans. La Méditerranée devient son terrain de jeu favori. Le jeune garçon goûte aux plaisirs des croisières familiales. A l’époque, la voile est plus synonyme de loisirs et d’occasions de voyager. Licencié dans le club local, où il pratique le 420 avec son frère, Sébastien rejoint rapidement le Yacht Club de Monaco. En principauté, le matériel et les bateaux ne manquent pas et les jeunes de la région peuvent en profiter dans des conditions optimales. C’est ainsi qu’avec son frère et sa bande de copains, le jeune marin met le pied à l’étrier en J24 ; l’habitable monotype par excellence de l’époque. Cette période aurait pu marquer les premiers pas de Sébastien Josse dans le monde de la compétition mais il préfèrera vivre cette expérience plus comme une école de vie. Sébastien Josse garde un attachement particulier pour le Yacht Club de Monaco, dont il est toujours licencié.

En 1993, Sébastien fête ses 18 ans et réalise sa première traversée de l’Atlantique à l’occasion de la Transat des Alizés ; une course pour les passionnés entre la France et les Antilles que Sébastien partagera avec son père à bord d’un Sun Race 34. Le jeune homme y découvre non seulement la navigation hauturière mais surtout la conviction que son avenir s’écrira en mer. Pour autant, le destin qu’il connaîtra quelques années plus tard n’est pas encore en marche. A l’issue de cette transat, il s’accorde une année sabbatique entre Grenade et les Iles vierges à bord du voilier confié par son père à ses bons soins.

Le Figaro pour point de départ

De retour en France, Sébastien va suivre l’exemple de Franck Cammas et de Nicolas Bérenger et décide de se lancer concrètement dans la voile de compétition. En 1997, le Sudiste se présente à port-la-Forêt dans le Finistère pour disputer les sélections du Challenge Espoir Crédit Agricole. A l’image du volant Elf qui propulsait de jeunes talents du domaine automobile, le challenge Espoir Crédit Agricole permettait aux marins en herbe de disposer d’un Figaro pour une saison complète. C’est ainsi qu’en 1998, alors qu’il a intégré le pôle Finistère de Course au Large, Sébastien peut disputer sa première Solitaire du Figaro, dont il finira 2e bizuth, et s’adjuger le titre de Champion de France Espoir en Solitaire. Dans la très sélective Classe Figaro Bénéteau, le niçois fait ses gammes avec succès. En 2001, moins de quatre ans après son arrivée dans le monde de la voile professionnelle, il se classe 2e de la prestigieuse Solitaire.
Son nom circule désormais parmi les navigateurs de la génération montante. Bruno Peyron ne s’y trompera pas et l’embarquera à bord de son maxi-catamaran orange pour décrocher le record absolu du Tour du Monde à la voile : le Trophée Jules verne. La tentative est un succès et Sébastien devient l’un des co-détenteurs de cet incroyable chrono autour de la planète.

Dans l’aventure du Vendée Globe

Cette première circumnavigation concrétise son envie de grand large et le convainc qu’il est désormais prêt pour une telle aventure. Alors quand la société vendéenne vMI lui propose de prendre la barre d’un monocoque de 60’ avec pour point d’orgue la participation au Vendée Globe 2004 – 2005, Sébastien n’hésite pas. Sa monture n’est pas de dernière génération mais qu’importe, le marin mesure sa chance et quitte les Sables d’Olonne avec l’envie de “bien faire”. A 29 ans, benjamin de la course, Sébastien remplit pleinement son contrat en se classant 5e de cette édition. Durant ses quatre- vingt treize jours de mer, il devra affronter de nombreux problèmes techniques. Mais son abnégation et sa joie de vivre laisseront une forte impression aux observateurs de la course et à ses pairs.

Changement de dimension avec la Volvo Ocean Race

A son retour à terre, l’esprit du marin est déjà tourné vers d’autres projets. Car pendant le Vendée Globe, tandis qu’il navigue dans le Grand Sud, il reçoit un appel : on lui propose de participer à la prochaine Volvo Ocean Race en tant que skipper du VOR70 ABN Amro 2. La chance est unique ! Aucun français depuis Eric Tabarly n’a représenté la France ainsi dans cette épreuve anglo-saxonne par excellence. Sébastien est le plus jeune skipper de l’histoire de la course. La Volvo Ocean Race, ancienne- ment appelée la Whitbread, est une régate planétaire de plus de 30 000 milles ponctuée d’escales et réservée à des monocoques spécialement conçus pour la disputer.
C’est ainsi qu’en 2005, il se retrouve à la tête d’un équipage composé de marins amateurs de moins de trente ans et regroupant plusieurs nationalités. Mais ceux que tous surnomment les “Kids” vont surprendre leur monde. S’adjugeant les deuxièmes places sur trois étapes et s’offrant les records de la plus longue distance parcourue en vingt-quatre heures et de la plus haute vitesse atteinte par un monocoque, Sébastien Josse et ses hommes prennent la quatrième position au classement final malgré un drame humain survenu dans l’avant-dernière étape.

Cette course est un tournant dans la carrière de Sébastien Josse, non seulement elle l’ouvre au monde anglo-saxon mais bouleverse sa philosophie de marin. La discipline et la maturité qu’il y acquiert en termes de gestion de projet feront désormais partie intégrante de son quotidien.
A la suite de cette expérience, il intègre l’écurie anglaise offshore Challenges créée par Ellen MacArthur et Mark Turner. Sébastien Josse se voit confier la barre d’un monocoque de dernière génération et signe ainsi son grand retour en tant que skipper sur le circuit Imoca. Mais tandis que tout semble disposé à lui sourire, le skipper va être confronté à des problèmes techniques à répétition qui lui laisseront un goût d’inachevé. En 2008, alors en tête de la célèbre Transat Anglaise, il est contraint à l’abandon suite à la casse de la tête de mât de son monocoque. Quelques mois plus tard, il est au départ du vendée Globe 2008 - 2009 et compte parmi les grands favoris de cette édition. Là encore, le niçois doit jeter l’éponge après 48 jours de mer alors qu’il pointe en 4e position suite à une grave avarie.

L’avenir en multicoque

Mais Sébastien est tenace et garde la conviction que la roue tourne... En 2011, tandis qu’il est considéré comme l’un des grands spécialistes français du monocoque, le Baron Benjamin de Rothschild n’hésite pas à lui proposer le poste de skipper des trimarans Gitana. Le marin se lance les yeux fermés et empreint d’une grande fierté de rejoindre une telle saga familiale. Le pari est osé tant pour l’armateur que pour le skipper, mais les résultats qui ne tardent pas à arriver donneront raison à cette singulière association.

Palmarès

2013
avec le Multi 70 Edmond de Rothschild

  • Vainqueur de la Transat Jacques Vabre 2013
    en 11 jours, 5 heures, 3 minutes et 54 secondes
  • Vainqueur de la Route des Princes 2013
  • Vainqueur de l'ArMen Race 2013

2012
avec le Multi 70 Edmond de Rothschild

  • Vainqueur du Tour de Belle-Ile
  • 2ème de la Krys Ocean Race en 4 jours 22 heures 19 minutes et 49 secondes

2011
avec Gitana 11

  • Vainqueur du Tour de Belle-Ile en 2 heures et 42 minutes (record de l'épreuve)
  • Vainqueur de l’ArMen Race en 14 heures et 5 minutes
  • 2ème du Record SNSM
  • 2ème de la Rolex Fastnet Race en temps réel

2010

  • 4ème Solo Quiberon Figaro
  • 2ème Solo Concarneau Figaro

2009

  • Vainqueur de la Rolex Fastnet Race à bord du 60’ BT
  • Vainqueur de la Transmanche en double à bord du 60’ BT
  • Vainqueur du Tour de l‘île de Wight à bord du 60’ BT
  • 3ème du Tour de Bretagne en Figaro
  • Vainqueur Spi Ouest France en Open 7,5
  • Participation au Vendée Globe 2008-2009

2008

  • Participation à The Artemis Transat à bord du 60’ BT

2007

  • Vainqueur de la Rolex Fastnet Race avec Vincent Riou
  • Vainqueur de la Calais Round Britain Race avec Vincent Riou

2006

  • 4ème de la Volvo Ocean Race à bord d’ABN Amro II avec le record des 24 h en monocoque

2005

  • Vainqueur de la Route de l’Equateur à bord de ABN Amro II
  • 5ème du Vendée Globe à bord du 60’ VMI

2004

  • 8ème de The Transat à bord du 60’ VMI

2003

  • Vainqueur de la Rolex Fastnet Race à bord du 60’ VMI
  • 5ème de la Transat Jacques Vabre avec Isabelle Autissier

2002

  • Co-détenteur du Trophée Jules Verne à bord du Maxi-Catamaran Orange

2001

  • 2ème de la Solitaire du Figaro
  • 2ème du Championnat de France Solitaire

2000

  • Vainqueur de la Route du Ponant
  • 14ème Solitaire du Figaro

1999

  • 4ème de la première étape de la Mini Transat

1998

  • 2ème bizuth de la Solitaire du Figaro
  • Vainqueur du Championnat de France Espoir Solitaire

1997

  • Vainqueur du Challenge Espoir Crédit Agricole