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Avec le déclin de la classe Orma, l’histoire aurait pu en rester là… mais ce serait mal connaître l’instinct de défi qui anime les fondateurs de la saga Gitana depuis des décennies. Transformer un voilier existant plutôt que de construire une nouvelle unité, tel est l’audacieux challenge que s’est fixé le Gitana Team pour défendre son titre.
Après deux années de transition et suite à la publication de l’avis de course de la Route du Rhum 2010 – qui ré-ouvre l’épreuve aux maxi-multicoques de la G Class – il est décidé de modifier Gitana 11 pour rester compétitif face à des adversaires aux mensurations de géants. Le postulat de départ qui guide les études de transformation est alors le suivant : « Depuis les premiers jours, notre fil conducteur est de rendre Gitana 11 encore plus polyvalent. Nous souhaitions conserver son potentiel dans le petit temps tout en augmentant ses performances dans la brise afin de rivaliser avec les grands trimarans océaniques actuels. Cette adéquation passait par l’allongement des flotteurs, qui sont plus longs de 4 mètres. Dans les formes, ces coques s’inspirent des nouvelles générations de flotteurs, issues des évolutions techniques réalisées dans ce domaine lors des sept dernières années. Les flotteurs de Gitana 11 dataient, en effet, de sa construction en 2001. Comme toujours, il a été question de compromis poids/puissance lors de la conception puis de la construction.»
Comme l’a choisi le Baron Benjamin de Rothschild, le désormais maxi-trimaran conserve son nom de baptême - Gitana 11 - par respect pour l’histoire et les nombreux milles déjà parcourus.
Dix mois pour renaître : les grandes lignes
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Décembre 2008
Suite à des semaines de séances de travail, les membres du Gitana Team, le cabinet d’architecture navale VPLP et la société de calcul HDS rendent leur copie. Les études s’achèvent et laissent place au concret. C’est à quelques jours de Noël, dans l’intimité des hangars techniques de Saint-Philibert, que débute le chantier de transformation de Gitana 11. L’équipe technique procède alors à la mise à nu de la plateforme du trimaran avant de le libérer de ses anciens flotteurs.
Janvier 2009
L’année 2009 commence sur les chapeaux de roues. La construction des nouveaux flotteurs, confiée à Southern Ocean Marine, a débuté aux antipodes. Dans le même temps, la réalisation de la nouvelle étrave de la coque centrale démarre à Arcachon au sein du chantier Larros. A Saint-Philibert, les techniciens du Gitana Team s’attaquent au découpage de l’étrave ainsi qu’à l’allongement de l’arrière de la coque centrale, tandis que dans les bureaux les ingénieurs modélisent les nacelles qui accueilleront les postes de barre de part et d’autre du cockpit.
Février 2009
La conception et la mise en place des nacelles de postes de barre constituent l’un des dossiers épineux du chantier de transformation. Deux membres de l’équipe technique y ont travaillé à plein temps durant près de quatre mois. Une fois les plans de ces nacelles arrêtés, les techniciens ont pu procéder à la construction des moules dont seront issues les pièces. Parallèlement, sur la plateforme du multicoque, un autre groupe s’est attelé à la modification du plan de pont. A l’origine, les barres de Gitana 11 étaient excentrées sur le bras arrière mais afin de rendre le bateau plus adapté au solitaire, il a été décidé de placer l’ensemble des commandes au niveau du cockpit. Pour cela, il a fallu notamment déplacer les winches primaires existants et créer une colonne de winches centrale.
Mars 2009
Les bras de liaison, qui comptent parmi les rares pièces conservées, réclament d’être largement renforcés pour accueillir les nouveaux flotteurs. En effet, la nouvelle configuration du trimaran et notamment l’allongement des coques induit des efforts plus importants.
Avril 2009
Afin d’optimiser la gestion de l’équilibre du bateau et d’augmenter la puissance de Gitana 11 dans certaines conditions, Yann Guichard a souhaité ajouter un ballast (deux étant déjà
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existants) dans la coque centrale, sous la descente. Schématiquement, les ballasts sont des réservoirs en carbone qui disposent de vannes permettant le remplissage de ces derniers. La fabrication mais surtout la mise en place d’une telle pièce n’est jamais une opération aisée tant les emplacements choisis sont exigus.
Mai 2009
Les nacelles sont en place et l’équipe chargée du dossier s’attèle désormais à l’aménagement : mise en place des sièges spécialement conçus, fabrication et ajustement des plexiglas qui prolongent les nacelles … Des modifications ont également été apportées au mât de Gitana 11. Car si le plan de voilure du trimaran est similaire à celui de la version 2006, des systèmes d’accroche (hook de solent par exemple) ont été pensé pour garantir performance et sécurité.
Juin 2009
le 6 juin, le premier flotteur construit en Nouvelle-Zélande rejoint les hangars de Saint-Philibert. L’arrivée de ce convoi exceptionnel en provenance du Havre marque le début de l’assemblage. Le positionnement et le greffage de cette première pièce maîtresse du puzzle dureront près de trois semaines afin respecter au mieux le dièdre.
Juillet 2009
Pas de temps morts pour les orfèvres du team puisque le 2 juillet le deuxième flotteur arrive à son tour. C’est alors une opération similaire qui se répète pour rendre son équilibre au maxi-trimaran. Quelques jours plus tard, l’étrave de la coque centrale fraîchement réceptionnée, vient à son tour prendre place. Le positionnement et l’ajustement de ce nouveau tronçon de près de 7 mètres est une partie délicate et minutieuse des travaux structurels.
Août 2009
Le 17 août débute la dernière ligne droite de l’ambitieux chantier. Les travaux structurels de la plateforme sont terminés et les membres du Gitana Team s’attèlent au montage et à la mise en place de tout l’équipement essentiel à sa bonne marche : remontage de l’accastillage, finition de l’installation électronique et informatique suivie de tests de validation des nouveaux systèmes, mise en place des drisses, poulies et autres nombreux bouts qui existent à bord d’un tel bateau.
Septembre 2009
le 7 septembre le moment tant attendu est venu. Gitana 11, deuxième du nom, est mis à l’eau. Le dernier-né de la saga Gitana dévoile ses nouvelles lignes.
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