Gitana dans le sillage d'une passion

En créant le Gitana Team en 2000, le Baron Benjamin de Rothschild a transformé en école de l’excellence la passion familiale initiée par ses aïeux en 1876 sur les rives du Lac Léman. Alors qu’elle célèbrera ses 140 ans en 2016, la légende des Gitana est à l’image de ses créateurs : innovante, moderne et résolument tournée vers l’avenir.

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Gitana, une saga de légende

Depuis bientôt 140 ans, « Gitana » évoque d’emblée une lignée de bateaux qui dit la passion d’une famille animée depuis toujours du goût de l’excellence. Les Rothschild perpétuent une tradition maritime faite de savoir-vivre et d’innovation, de performance et d’audace.

Il était une fois… en 1876

L’histoire des Gitana débute sur les rives du lac Léman avec la Baronne Julie Caroline de Rothschild. Cette femme a certes un caractère bien trempé mais surtout un goût immodéré pour la vitesse, pourvu qu’elle se matérialise dans le sillage d’un bateau. En 1876, elle passe commande d’un bateau aux chantiers Thornycroft de Chiswick. Construite en Angleterre sur les bords de la Tamise, cette première unité sera démontée, mise en caisses puis définitivement assemblée non loin de Lausanne. A la barre de Gitana premier du nom, une très chic goélette de 24 mètres, l’arrière-grand-tante du Baron Benjamin de Rothschild dépasse la première la barre des 20 nœuds et décroche du coup le titre de la Yachting Lady la plus rapide sur l’eau : nous sommes le 3 avril 1879. La révolution industrielle est en marche et l’innovation se conjugue à l’époque dans le souffle puissant des machines à vapeur. Dans le fabuleux décor alpin, Gustave Eiffel lui-même régate contre les Gitana à bord de son fameux Walkyrie. Réputés très rapides, les contre-torpilleurs français vont bientôt mettre à mal le record de la Baronne de Rothschild. Qu’à cela ne tienne ; elle lance Gitana II, plus grand et surtout plus rapide. A son bord, la Gitane s’adjuge un nouveau record, 26 nœuds et des poussières, près de 50 kilomètres heure. La saga Gitana est lancée et va désormais goûter à l’eau salée, car l’écrin bleuté du lac Léman ne suffit plus.

La saga Gitana est née d’une incroyable passion pour la vitesse sur l’eau

Bien plus qu’un art de vivre

A la fin du XIXe siècle, le « premier » Baron Edmond de Rothschild avait pris une part déterminante au développement du Yacht Club de France aux côtés de son cousin, le Baron Arthur, du président de la République Félix Faure et de l’explorateur Jean-Baptiste Charcot.
Dans les années 60, le « second » Baron Edmond, son petit-fils, ranime le vif intérêt qu’éprouve sa famille pour les bateaux en le transformant en une véritable passion pour la voile. Il délaisse les bateaux à moteur pour ceux à voiles et ses navires de prédilection seront les monocoques. Edmond de Rothschild donnera naissance à quelques uns des meilleurs de son temps. De Gitana III à Gitana VIII, issus des cabinets d’architectes les plus en vue, ses unités écument la Manche, l’Atlantique, la Méditerranée et trustent les palmarès : courses du RORC, Giraglia, Nioulargue ou encore la mythique Fastnet Race sur laquelle Gitana IV battra, en 1965, le record de l’épreuve vieux de 26 ans !
Le Baron Edmond de Rothschild se passionne pour ces grands bateaux où l’équipage prend toute sa mesure et c’est dans cet esprit qu’en 1984 il lance la Classe A dite des « Maxi » dont il sera le fondateur et le premier président. Mais son goût pour les beaux bateaux le conduit également vers les 6 mètres jauge internationale (6mJI), de véritables bijoux d’élégance et de rapidité. Gitana Senior, surnommé le Piano, sera le premier de cette lignée tandis que Benjamin de Rothschild se lancera également dans l’aventure à bord de Gitana Junior I, II et III notamment lors des Régates Royales de Cannes. L’histoire ne serait pas complète sans évoquer Gitana Sixty, un 8mJI lancé en 1986 pour disputer la Coupe du Monde de la série à Cannes et baptisé ainsi pour les 60 ans du Baron Edmond de Rothschild célébrés cette même année. L’équipage composé autour de Benjamin de Rothschild et du barreur Philippe Durr remportera l’épreuve haut la main et le fils offrira ce prestigieux titre à son père.

Chaque génération perpétue la tradition maritime et laisse une empreinte singulière

Quand professionnalisation rime avec passion

Edmond de Rothschild a transmis le virus de la voile à son fils. Fidèle équipier à bord des voiliers de son père, la navigation et de surcroît la compétition vélique sont inscrites dans l’ADN du Baron Benjamin de Rothschild. Mais sa préférence se porte très vite sur les multicoques, de fabuleuses machines qui allient technologie et vélocité et dans lesquelles il perçoit très tôt l’avenir de la voile. Après quelques années de navigations à bord de Force Cash sur les eaux du lac Léman, un catamaran de 40 pieds, le Baron Benjamin de Rothschild ne peut résister à l’appel du grand large. Il fait l’acquisition de l’ancien Elf-Aquitaine, un trimaran de 60 pieds qui sera baptisé Gitana IX. L’aventure est lancée et l’armateur de l’équipe aux cinq flèches ouvre le chapitre des multicoques dans la prestigieuse histoire maritime de sa famille.
Dans les années 2000, Gitana X, Gitana 11 ou encore Gitana 12 compteront parmi les grands animateurs des belles heures de la classe Orma. Mais cette notoriété dépassera bientôt les frontières hexagonales avec la campagne de records du maxi-catamaran Gitana 13 sur tous les mers du globe ou dans un tout autre style les quatre années de participations de l’Extreme40 Edmond de Rothschild au circuit international des Extreme Sailing Series. L’année 2010, avec l’ouverture de la Route du Rhum aux multicoques de la classe Ultime, renoue avec le gigantisme. Gitana 11, le trimaran devenu légendaire après sa victoire éclatante dans la Route du Rhum 2006, sera allongé à 77 pieds (contre 60 à l’origine) pour intégrer cette catégorie. C’est à cette même période que démarre la construction du MOD70 Edmond de Rothschild, rebaptisé Multi70 depuis suite à la fin des Multi One Design. En 2013 c’est au tour des bateaux volants de faire leur entrée dans le nautisme ; un virage technologique que l’équipe fondée par le Baron Benjamin de Rothschild ne manquera pas. Non seulement avec les modifications apportées au Multi70 Edmond de Rothschild mais aussi par l’acquisition d’un GC32, petit catamaran volant de 32 pieds qui incarne parfaitement la révolution en marche.

Mais si le multicoque demeure le support fétiche de l’écurie, quelques monocoques ont su y trouver leur place. Une « entorse » consentie pour la beauté de la course que l’on surnomme l’Everest des mers et le défi humain et sportif qu’elle représente: le Vendée Globe. Ainsi, durant l’hiver 2006-2007, un 60 pieds de la classe Imoca est construit dans le plus grand secret en Nouvelle-Zélande. Lancé en juillet 2007, le voilier sera baptisé Gitana Eighty en hommage au père du Baron Benjamin de Rothschild, Edmond de Rothschild, qui aurait fêté ses 80 ans lors de sa mise à l’eau. Cette année, un monocoque flambant neuf signé par l’architecte Guillaume Verdier et construit par le chantier Multiplast de Vannes fait également son entrée au sein de la flotte Gitana. C’est à la barre de ce voilier de dernière génération que Sébastien Josse défendra les couleurs du Groupe Edmond de Rothschild lors du prochain tour du monde par les trois caps sans escale et sans assistance, dont le départ est prévu le 6 novembre 2016.

Du soutien indéfectible d’armateurs passionnés et du travail acharné d’une équipe sont nées d’inoubliables aventures humaines et des victoires retentissantes : Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, Transpacifique, Record New York - San Francisco, Route du Thé ou encore la mythique Transat anglaise… Acteur historique du multicoque à l’échelle mondiale depuis 15 ans, le Baron Benjamin de Rothschild a mué une passion familiale en école de l’excellence.

En 2016, la Saga Gitana célèbrera les 140 ans de son incroyable histoire.

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