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Retour aux actualités 07 octobre 2019

L'aérodynamisme dans le viseur

Brest Atlantiques Maxi Edmond de Rothschild Franck Cammas Charles Caudrelier

Le 16 septembre dernier, le Maxi Edmond de Rothschild était remis à l'eau après quelques jours à terre pour un chantier d'été express. À sa sortie, une nouveauté n'était pas passée inaperçue ; un carénage de bras arrière faisait en effet son apparition sur le géant de 32 mètres. Cette structure entoilée de 32 m2, imaginée dès les premiers coups de crayons de l'architecte Guillaume Verdier, est une première pour un tel bateau de course au large. Au-delà de son esthétisme très réussi, cette innovation est une nouvelle marque de l'esprit pionnier qui anime le Gitana Team dans sa recherche de performance.

 

Fairing de bras arrière, qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'un carénage situé à l'arrière du bras arrière et qui vient finir le profil du bras comme une aile d'avion. Ce carénage a été réalisé en Oratex, c'est un entoilage souple comme ce que l'on retrouve sur les ailes de planeur ou encore d'ULM.  L'objectif de son ajout est de réduire la traînée, en retendant le flux, et par conséquent de gagner en vitesse et en performance.

« Ces dernières années ça devient un standard d'avoir un carénage sur le bras avant qui est maintenu par le trampoline. Mais sur le bras arrière c'est vrai que c'était une première, Et c'est un gain qui est au moins aussi important que ce que l'on peut faire sur le bras avant » expliquait Franck Cammas.

À l'épreuve du large et de la haute mer

« Le grand travail au final sur ce fairing a été de trouver un compromis structure et poids qui permette de le rendre résistant. Notre cahier des charges était qu'il soit capable de faire un tour du monde » rappelait Sébastien Sainson, le responsable du bureau d'études Gitana.

 

En effet, ce type de carénage est devenu monnaie courante sur les bateaux de l'America's Cup mais c'est la première fois qu'une équipe de course au large met en place une structure de ce type sur un bateau dédié à la haute mer : « Godzilla, le multicoque des américains d'Oracle, avec lequel ils ont remporté la Coupe à Valence, était le premier à oser cette nouveauté. Puis par la suite tous les AC 72 et plus récemment les F50 de la dernière Cup en étaient dotés. Dans notre cas, c'est plus la mise en œuvre et la réalisation qui ont sollicité des études car contrairement aux bateaux de l'America's Cup nous ne pouvons pas nous permettre de démonter ou de refaire le système tous les soirs. Nous avions donc un enjeu de solidité pour proposer une structure capable de résister à des journées de navigation à hautes vitesses. Maintenant le timing nous paraissait le bon, notamment puisque l'ajout de ce fairing n'impacte en rien la fiabilité du Maxi. S'il venait à être endommagé en mer, cela serait bien sûr regrettable mais ça n'entacherait en rien les performances intrinsèques du bateau.»


Réduction de la traînée, gain de performance

Depuis plus de deux ans, avec le Maxi Edmond de Rothschild, le Gitana Team innove et défriche des aspects techniques encore méconnus qu'induit le vol en haute mer et à hautes vitesses. Si les tests et simulations sont en premier lieu numériques rien ne remplacera jamais la réalité du large et des éléments pour vérifier et confirmer les études. Les prochaines semaines de navigation et surtout la Brest Atlantiques et ses 14 000 milles valideront ainsi définitivement la pertinence de cette innovation en termes de gain.

« Théoriquement ce carénage de bras arrière apporte un vrai plus au bateau notamment parce que ça réduit fortement la traînée. Les études montrent des gains de vitesse significatifs, maintenant on est en train de voir s'ils sont vraiment là ! Et puis surtout nous observons comment se comporte le Maxi Edmond de Rothschild, parce que sur un ordinateur souvent il n'y a pas de vagues, pas de risées, pas de coup de gîte imprévu... Ce que l'on peut dire de nos premières observations, c'est que cette nouveauté change l'attitude du bateau, ça le rend un peu plus nerveux, un peu plus volage. Il faut que l'on voit dans des conditions musclées et sur la durée si ça tient, avant de dresser un vrai bilan côté performance » confiait Charles Caudrelier.

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